Traitement, maladies

Armillaire ou pourridié : un champignon destructeur


L’armillaire (ou pourridié) est une maladie provoquée par un champignon qui s’attaque aux plantes ligneuses, c’est-à-dire constituées de bois.

Sa facilité de propagation et son caractère insidieux en font un redoutable parasite capable de détruire de nombreux végétaux. Apprenez à connaître cet ennemi invisible afin de mieux l’identifier, le traiter et le prévenir.

  • Généralités
  • Symptômes
  • Lutte et traitement
  • Prévention

Généralités sur l’armillaire

Biologie de la pourridié :

Pour bien comprendre la maladie de l’armillaire, il est important de connaître la biologie des champignons. En effet, ce que l’on a coutume de désigner par le terme « champignon » n’est en fait qu’un fruit (le carpophore) issu d’une partie souterraine appelée le mycélium. Ce dernier est composé de nombreux filaments, ramifiés et généralement blancs. Il peut couvrir des surfaces plus ou moins importantes.

Cette distinction entre mycélium et champignon est primordiale, car elle permet de mieux cerner la manière dont ce parasite se reproduit et se propage.

De plus, il est nécessaire de comprendre qu’une absence de champignons ne signifie pas pour autant que le mycélium souterrain est inactif. Ainsi, de nombreux végétaux peuvent mourir du pourridié avant de voir apparaître les champignons.

Propagation de l’armillaire :

L’armillaire peut infecter de nouveaux hôtes de nombreuses façons. Il peut en effet se transmettre à des sujets sains par simple contact avec des racines malades.

Le second procédé de contamination est beaucoup plus insidieux puisqu’il se passe sous terre. Il s’agit de cordons noirâtres ressemblant à des racines et que l’on appelle des rhizomorphes. Ces derniers se situent entre 15 et 45 cm de profondeur et peuvent parcourir 1 m par an. Il n’est donc par rare de voir des végétaux contaminés situés à des dizaines de mètres de la souche d’infection.

Ces modes de propagation font donc de l’armillaire un pathogène redoutable.

Quels sont les végétaux concernés ?

Il existe deux types de maladies : l’armillaire des feuillus (Armillaria mellea) et l’armillaire des résineux (Armillaria ostoyae).

Vous l’avez compris, le champignon touche les végétaux ligneux, c’est-à-dire constitués de bois. Malheureusement, aucune plante n’est immunisée à 100 % contre ce parasite. Cependant, certaines d’entre elles montrent une certaine résistance à la maladie :

  • Pour les arbustes: buis, fuchsia, lavande, romarin, pittosporum, abélia, camélia, andromède, hortensia, jasmin, hibiscus, etc.
  • Pour les arbres: mimosa, albizia, figuier, ginkgo, laurier, if, olivier, mûrier platane, arbousier, poirier, lilas des Indes, etc.

Si vous souhaitez une liste plus complète (en anglais) :

  • Sensibilité des végétaux à l’armillaire

Les symptômes de l’armillaire

Une infection par l’armillaire peut être identifiée par des symptômes directs (parties aériennes de la plante) et indirects (parties souterraines).

Symptômes directs (sous terre) :

Lorsqu’il est atteint par la maladie, le sujet infecté présente des racines mortes et en décomposition. On peut également observer des filaments blancs (le mycélium) entre l’écorce et le bois des racines, accompagnés d’une odeur caractéristique de champignon. La partie située juste au‑dessus du sol, que l’on appelle le collet, peut également être touchée. Le tronc, quant à lui, peut aussi être contaminé sur 1 m, mais cela reste plus rare.

Détecter le parasite par ses rhizomorphes est possible, mais compliqué (à cause de leur profondeur et leur couleur qui se fond dans la terre).

Symptômes indirects (feuillage, branches, fruits, fleurs) :

Le pourridié provoquant une défaillance du système racinaire, la plante infectée peut présenter des signes de dépérissement :

  • des feuilles plus petites et pâles ;
  • une absence de floraison ;
  • a contrario, une floraison et une fructification anormalement abondantes (qui précèdent souvent la mort de la plante) ;
  • des branches qui meurent ;
  • une fissuration et un saignement de l’écorce à la base des tiges ;
  • un feuillage présentant des couleurs automnales prématurées ;
  • une apparition de champignons en automne, si les conditions le permettent.

À noter qu’un été particulièrement chaud et sec peut aggraver ces symptômes.

Lutte et traitement

Malheureusement, il n’existe pas de produits chimiques pour lutter contre l’armillaire. Lorsque sa présence est confirmée, le seul moyen de s’en débarrasser est de creuser afin d’extraire toutes les racines et/ou souches infectées et de les brûler ensuite. Les rhizomorphes seront alors privés de leur source d’alimentation et ne pourront plus se développer.

Prévenir l’apparition de l’armillaire

Pour éviter l’apparition du pourridié, la première solution consiste à ne pas planter de végétaux sensibles au champignon dans les zones à risque.

Un travail de la terre régulier et en profondeur permet de casser les rhizomorphes et de limiter leur propagation.

Comme pour de nombreuses maladies, l’hygiène est importante. Ainsi, il est fortement conseillé de désinfecter tous vos outils après avoir effectué vos travaux au jardin ou au potager.

Pour les zones à risques, une technique radicale permet d’empêcher la propagation de l’armillaire. Elle consiste à enfouir une barrière physique sur 45 cm de profondeur minimum et dépassant de 2 à 3 cm du sol. Pour cela, vous pouvez utiliser une barrière anti‑rhizomes, ou tout autre obstacle en plastique. L’important est qu’il puisse résister à un enfouissement.


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